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Qualité de l’air intérieur: Matériaux sans émissions et inodores, question d’actualité

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Pour plusieurs labels de construction durable, les matériaux de construction mis en oeuvre sont pris en compte en terme d’émissions de molécules volatiles, de comportement de ces dernières, et donc de conséquences sur la qualité de l'air intérieur. Cette démarche a conduit, ces dernières années, à une demande accrue de matériaux de construction à faibles émissions. Il s’agit d’un nouveau segment de marché pour les fabricants de matériaux de construction ou d’aménagement intérieur.

Les matériaux de construction qui sont disposés dans les espaces intérieurs des bâtiments représentent des sources potentielles d'émissions de molécules volatiles. Cela est particulièrement vrai pour des matériaux de construction et pour des produits d’aménagement intérieur qui possèdent de grandes surfaces en contact avec l’air intérieur, tels que les revêtements de sol et les adhésifs utilisés lors de leur pose, les peintures, les revêtements muraux et de plafond, les ouvrants de porte et les meubles. Ces émissions concernent les composés organiques volatils (COV/VOC-Volatile Organic Compounds, voir encadré), qui s’échappent facilement des matériaux organiques naturels ou produits par synthèse. Ces COV, qui contiennent différentes molécules de la chimie organique, sont souvent des composés solides tels que solvants, agents solubilisants, plastifiants qui peuvent être libérés sous forme gazeuse sur du long terme dans l'air intérieur.

Zoom sur la qualité de l'air intérieur
Les chercheurs et chercheuses de l'Institut des Matériaux et de la technologie du bois de la Haute école spécialisée bernoise BFH travaillent à la détermination des émissions des matériaux et aux mesures de la qualité de l'air intérieur. Les laboratoires BFH à Bienne sont accrédités selon l’ISO 17025 comme organismes vérificateurs agréés pour la caractérisation d’émissions de la norme ISO-16000. L'une des priorités de la recherche est le développement de matériaux de construction et de produits d’aménagement intérieur, non toxiques, à faibles émissions et neutres en matière d’odeur.

 

 

Figure 1: Chambre d’émission de laboratoire, d’une contenance de 23 litres

Pour évaluer les émissions des produits de construction, il est nécessaire d’identifier les COV libérés sous forme gazeuse. Ces mesures sont effectuées dans des chambres d'émission en verre ou en acier inoxydable d’une contenance généralement comprise entre 23 et 1000 litres.

Les échantillons à tester, issus d’un produit de construction ou d’aménagement intérieur, sont maintenus en place pendant plusieurs semaines dans une chambre d’émission. L’air intérieur de cette chambre d’émission se charge des émissions induites par ces échantillons de matériau ou d’objet jusqu'à une certaine concentration. À l’issue de la période définie pour la mesure, des échantillons d'air intérieur à la chambre sont prélevés dans des tubes à essai spécifiques et cet air est analysé par chromatographie en phase gazeuse jumelée à la spectrométrique de masse (GC-MS).

Le résultat d’analyse de ces échantillons d’air prélevé est constitué d’une liste détaillée de toutes les substances émises et de leur concentration. Ce « panel d’émissions » peut être utilisé pour évaluer la pertinence de l’innocuité des émissions et éventuellement envisager de faire évoluer le matériau ou l’objet vers un produit à faible émission et neutre en matière d’odeur.

 

L'abréviation COV fait référence au groupe de composés organiques volatils (VOC en anglais). Les COV décrivent les substances gazeuses et vaporeuses d'origine organique de l'air. Ceux-ci comprennent, par exemple, des hydrocarbures, des alcools, des aldéhydes et des acides organiques. De nombreux solvants, des carburants liquides et des matériaux de synthèse appartiennent aux COV, ainsi que de nombreux composés organiques formés par processus biologique.