De l’innovation pour la Suisse de demain

21.02.2019
Février 2019
  • Focus

La Suisse a besoin d’esprits créatifs et visionnaires, dans l’économie et la recherche, qui mènent ensemble des projets de numérisation et assurent ainsi la pérennité des emplois et la prospérité de notre pays.

La Suisse est un pays d’innovation, comme le montrent diverses comparaisons internationales. Elle fait ainsi partie des pays qui investissent la proportion la plus élevée de leur produit intérieur brut dans la recherche et le développement. Elle se place aussi en très bonne position pour ce qui est du nombre de brevets déposés. Elle est par ailleurs très bien intégrée aux réseaux internationaux et dispose d’un excellent système éducatif, ainsi que de hautes écoles de renommée mondiale. Enfin – et c’est primordial – elle offre un cadre général approprié: un marché du travail ouvert, des infrastructures modernes et un système fiscal attrayant.

Cette situation satisfaisante ne doit toutefois pas occulter le fait que de gros efforts restent nécessaires si l’on souhaite que la Suisse continue de se battre pour les premières places dans la concurrence internationale. La numérisation change le monde très rapidement. De grands bouleversements vont affecter notre économie et notre société: ils posent des défis importants au site d’innovation qu’est la Suisse. Pour 2018, dans le classement IMD des pays les plus compétitifs sur le plan numérique, la Suisse arrive au cinquième rang derrière les États-Unis, Singapour, la Suède et le Danemark. Elle a ainsi gagné du terrain par rapport aux années précédentes. Mais l’étude met aussi en évidence certaines lacunes: la proportion de femmes reste faible dans les sciences mathématiques, naturelles et techniques, alors que la part des brevets de haute technologie peine à décoller.

De nouveaux modèles d’affaires sont requis

Il reste donc nécessaire que des femmes et des hommes créatifs et visionnaires promeuvent activement la numérisation et développent des innovations pour la Suisse de demain. Les nouveaux processus de production et de création de valeur en réseau, la réunion du produit et du service en une offre globale, ainsi que la disparition des limites géographiques et temporelles de l’offre et de la demande contraignent les acteurs du marché à repenser entièrement leur modèle d’affaires. Cette tâche sera plus aisée pour les jeunes sociétés que pour les exploitations plus anciennes et plus solides. Or pour assurer le plein emploi, il est crucial que les entreprises traditionnelles parviennent elles aussi à prendre ce virage.

Impression 3D: de nouvelles applications prometteuses

De nombreuses réussites montrent qu’en jetant des ponts entre l’économie et la science, on peut donner naissance à des innovations numériques prometteuses. C’est ce qu’a expérimenté la société saint-galloise Jakob Schläpfer AG: grâce à un procédé d’application de peinture 3D sur des textiles, cette entreprise active dans la mode haut de gamme est parvenue à renouveler entièrement l’esthétique de ses produits. Son innovation se fonde sur un projet qu’elle mène conjointement avec la Haute école spécialisée bernoise BFH et la Haute école de Lucerne, grâce à un cofinancement d’Innosuisse. Ce partenariat a non seulement obtenu le Prix Design Suisse, mais également permis de déposer un brevet pour une technologie qui présente du potentiel bien au-delà du domaine de la haute couture. La société Schilliger Holz AG de Küssnacht (SZ) utilise aussi l’impression 3D: dans le cadre d’un projet mené avec la BFH et soutenu par Innosuisse, elle développe un matériau à base de bois qui peut être utilisé pour l’impression 3D d’éléments de décoration intérieure. Si ce projet aboutit, Schilliger Holz AG pourrait fortement accroitre le volume d’éléments imprimés en 3D qu’elle écoule sur le marché et améliorer ainsi sa compétitivité.

L’application de peinture en 3D sur des textiles a permis à l’entreprise de mode Jakob Schläpfer AG de créer de nouvelles formes esthétiques.

 

Bâtir des ponts entre l’économie et la recherche

Bien souvent, les innovations se soldent par un échec parce qu’on ne réussit pas à transformer les idées et les découvertes sur lesquelles elles reposent en produits ou en services susceptibles de percer sur le marché: les petites entreprises n’ont pas suffisamment accès aux connaissances et aux ressources des instituts de recherche, alors que ces derniers peinent à trouver des partenaires susceptibles de transformer leurs découvertes en produits commercialisables. Innosuisse a pour tâche de combler ces lacunes: l’Agence suisse pour l’encouragement de l’innovation réunit des scientifiques et des entreprises, les soutient dans leurs activités d’innovation et les aide à se créer un réseau sur le plan international. Dans ce contexte, les hautes écoles spécialisées jouent un rôle essentiel, puisqu’elles englobent plus de la moitié des partenaires de recherche impliqués dans des projets d’innovation soutenus par Innosuisse

Annalise Eggimann

Toutes les disciplines sont concernées

Les grandes transformations comme la numérisation pénètrent toutes les disciplines, des sciences de la vie aux technologies de l’information et de la communication en passant par les sciences sociales et la gestion d’affaires. Il est donc primordial que les entreprises de ces secteurs s’attèlent à leur transition numérique. La promotion de l’innovation d’Innosuisse fonctionne en premier lieu selon une approche «bottom-up». Lorsque cela s’avère nécessaire, Innosuisse établit en outre des priorités thématiques: dans le cadre du plan d’action 2019-2020 du Conseil fédéral visant à promouvoir la numérisation, l’agence a été chargée de mener à bien le programme d’impulsion «Technologies de fabrication». Des fonds d’encouragement supplémentaires sont ainsi mis à disposition pour les projets des domaines de l’industrie 4.0 et des procédés de fabrication modernes qui s’appuient sur les technologies numériques.

Le programme d’impulsion «Technologies de fabrication»

La Suisse doit se maintenir parmi les pays les plus avancés en matière de développement et d’application des technologies numériques. Pour parvenir à cet objectif, le Conseil fédéral met à disposition 62 millions de francs dans le cadre de son plan d’action 2019–2020. Deux des mesures recommandées sont mises en œuvre par Innosuisse: le programme d’impulsion «Technologies de fabrication» et la promotion de la numérisation dans le domaine de l’énergie et de la mobilité via les Swiss Competence Centers for Energy Research (SCCER). Le programme d’impulsion «Technologies de fabrication» a pour but d’encourager les projets d’innovation à l’intersection entre la recherche et le transfert de technologie dans les domaines de l’industrie 4.0 et des technologies de fabrication. Des projets d’une durée de 12 mois peuvent être soumis jusqu’au 20 mai 2019.

 

Renseignements: www.innosuisse.ch/numerisation