Écobilans des bâtiments

4. Juin 2020

Les objectifs du développement durable doivent être atteints d’ici 2030. L’Accord de Paris sur le climat, lui, est encore plus urgent : les mesures doivent être appliquées dès à présent. Le domaine de la construction est en ligne de mire pour la réduction des émissions de CO 2 et a un haut potentiel pour relever ce défi.

Christelle Ganne-Chédeville, collaboratrice scientifique, BFH
Katrin Büsser, professeure d’architecture et de planification, BFH
Actuellement, on considère en Europe que 36 % des émissions de gaz à effet de serre sont dues à la phase d’utilisation du bâtiment (notamment pour le chauffage). À cela s’ajoutent les émissions provenant de la fabrication et de l’élimination des matériaux de construction. La tendance positive aux développements de systèmes passifs va rendre les phases de fabrication et d’élimination des matériaux beaucoup plus importantes en matière d’émissions.
La BFH-AHB a signé en septembre 2019 la déclaration de Graz de la conférence D-A-CH sur l’environnement construit durable. Cette déclaration rend obligatoire la réalisation d’objectifs et de plans concrets afin de limiter les émissions de gaz à effet de serre lors du cycle de vie des bâtiments. Les signataires s’engagent à mettre en place des mesures que ce soit dans le domaine politique (comme par exemple des systèmes de référenciation basés sur les émissions de CO2 des bâtiments), de la recherche, de l’enseignement et de la formation continue mais aussi pour l’industrie. L’impact environnemental des bâtiments est calculé à partir de l’analyse du cycle de vie complet d’un bâtiment, depuis l’extraction des ressources jusqu’à la fin de vie des matériaux. Il existe de nombreux outils et normes qui permettent d’établir un écobilan de bâtiment de manière plus ou moins rapide sans omettre d’informations importantes. Il est possible aussi d’effectuer un calcul à n’importe quelle phase de la planification du bâtiment. Cela permet de soutenir l’écoconception et de comparer différentes variantes de construction. Il est donc plus temps que jamais de calculer les impacts environnementaux des projets de construction et de rénovation.

Les chances de la construction bois

Dans cette optique, la construction bois offre une alternative intéressante grâce à un matériau d’origine renouvelable. Les caractéristiques techniques du bois, notamment sa légèreté en comparaison des matériaux minéraux, apportent un avantage supplémentaire en matière de réduction de l’utilisation des ressources, des transports et des volumes de fondation nécessaires. L’économie du bois doit saisir cette chance et montrer par le calcul les performances atteignables en matière d’émissions de gaz à effet de serre.

La fin de vie d’un bâtiment doit être repensée dans le cadre de l’économie circulaire

L’étape de fin de vie d’un bâtiment est l’une des moins connues dans le cadre des écobilans et pourtant elle représente une partie non négligeable des impacts environnementaux. Un groupe d’étudiant-e-s de la BFH-AHB (architectes et ingénieurs-e-s bois et génie civil) se sont attaqués à cette problématique lors d’une Special Week en novembre 2019. Les volumes de déchets de constructions en Suisse sont considérables et problématiques. L’un des moyens de les réduire est de repenser les systèmes constructifs de façon à soit prolonger leur durée de vie, soit les rendre très facilement démontables et recyclables, ou bien encore de les réutiliser pour le prochain projet. Une multitude de possibilités à développer.
Coauteur: Joana Pinho, collaboratrice scientifique, BFH