Le débitmètre le plus rapide au monde

31.05.2021
Juin 2021

La start-up ReseaTech de Berthoud fabrique des capteurs adaptés aux petits dosages. L’entreprise a été fondée il y a six ans par l’Institut de technologie de l’impression IDT de la Haute école spécialisée bernoise BFH.

En mai 2015, Simon Zumbrunnen et Philipp Haslebacher, deux diplômés de la BFH, ont fondé la start-up high-tech ReseaTech. La jeune entreprise basée à Berthoud fabrique des instruments permettant de mesurer des quantités de liquide de l’ordre du microlitre. Ceux-ci sont notamment utilisés dans les processus biotechnologiques, dans l’industrie des semi-conducteurs ou dans les stations de remplissage de produits liquides.

Le Pulsed Flow Sensor

Le capteur de dosage Pulsed Flow Sensor cherche à s’imposer sur le marché. Il a été développé pour enregistrer le débit pulsé des pompes et des vannes à commutation rapide. Ce capteur de dosage est le plus rapide de sa catégorie et il peut détecter avec une grande précision les gouttes de liquide inférieures à un microlitre. Ce capteur de faible débit s’appuie sur le principe de pression différentielle, c.-à-d. que la pression du liquide est mesurée avant et après un rétrécissement du canal. Une différence de pression apparait dès que le liquide se déplace – voir illustration 1. En association avec des capteurs de pression rapides, ce principe a pour avantage d’offrir un temps de réponse très court, de l’ordre de la milliseconde.

ReseaTech a optimisé sa technologie de mesure de la pression de manière que le capteur tienne dans le plus petit espace possible et soit inerte, c’est-à-dire résistant aux produits chimiques, mais également isolé dans le liquide. Cela permet de mesurer les plus petites quantités de liquide, du micro au millilitre – voir illustration 2.

Du travail de bachelor à la spin-off de la BFH

Le travail de bachelor de Simon Zumbrunnen a posé les bases de la spin-off actuelle. À l’époque, l’objectif était de développer une micro-vanne pour l’entreprise ReseaCHEM GmbH. Pendant et après leurs études, Simon Zumbrunnen et Philipp Haslebacher ont poursuivi leurs recherches sur la technologie associée à leurs produits actuels à l’Institut de technologie de l’impression IDT. Par la suite, le projet a remporté le prix de l’innovation Ypsomed et le prix de l’innovation de Berthoud (Burgdorfer Innopreis), et a bénéficié du programme de financement de start-up Venture Kick et du soutien de la fondation Inventus Bern. En 2019, la spin-off a réussi à trouver des fonds auprès d’investisseurs et d’investisseuses privé-e-s. Ce capital permet à la jeune entreprise de continuer à prospérer.

Entretien avec l’équipe

Simon Zumbrunnen, CEO, et Philipp Haslebacher, CTO, dirigent ensemble ReseaTech. Depuis 2020, Vildana Suljkovic est responsable de la partie marketing et administration. Patrick Weiser, étudiant salarié, soutient la jeune entreprise pour la fabrication électronique. Dans cet entretien, ils partagent leurs expériences.

Qu’est-ce qui vous a amenés à fonder ensemble une start-up en 2015 ?

Philipp Haslebacher : Simon et moi, nous travaillions déjà sur cette technologie de dosage depuis plusieurs années dans le cadre de projets de développement. Lorsque le projet CTI s’est achevé en 2014, nous disposions d’un produit de présérie fonctionnel qui, selon nous, avait un bon potentiel. Encouragés par les réactions, y compris le prix de l’innovation Ypsomed, nous avons eu envie de poursuivre le projet et de commercialiser enfin notre idée.

Bien évidemment, il était important d’être prêts à quitter notre zone de confort et à prendre des initiatives, malgré un grand risque d’échec. En plus, nous disposions encore du soutien de notre partenaire industriel, ce qui nous a beaucoup aidés.

Quels ont été pour toi les moments marquants de la création de la start-up ?

Philipp : Le premier moment marquant pour moi a été la signature chez le notaire. Soudain, nous étions inscrits au registre du commerce, nos idées gagnaient en visibilité et étaient identifiées.

Pouvoir présenter nos produits à des personnes intéressées ou des client-e-s qui me font part de leur avis est aussi toujours un moment fort. En tant que développeur.

Qu’est-ce qui t’a incité à créer ta propre entreprise ?

Simon Zumbrunnen : Déjà enfant, j’étais fasciné par le fait de développer et de fabriquer quelque chose que je pourrais vendre. En tant qu’ingénieur, je prends beaucoup de plaisir à accompagner un produit de l’idée jusqu’à sa mise en œuvre chez les client-e-s, et à recevoir leurs retours directs. Ce produit développé par nos soins doit leur apporter des avantages évidents et simplifier leur travail.

Que signifie concrètement l’entrepreneuriat pour toi ?

Simon : Pour moi, l’entrepreneuriat, c’est le fait d’avoir une idée qui vaut la peine de prendre des risques. Bien sûr, ce n’est pas une voie facile, car une start-up est en réalité une entreprise sans clientèle, sans produit, voire sans les deux (rires). Nous avons largement sous-estimé le défi que représente la conquête de client-e-s, notamment parce que cela prend beaucoup de temps dans notre marché de niche. Une autre partie importante de mon travail, qui a par chance porté ses fruits, a consisté à obtenir des subventions et finalement un capital d’investissement.

Comment la BFH vous a-t-elle aidés à créer la start-up ?

Simon : Le fait d’avoir lancé notre entreprise à temps partiel depuis la Haute école spécialisée bernoise nous a donné l’oxygène dont les start-up ont souvent besoin pour tenir la distance. Au cours des premières années, nous avons bien dû changer deux, trois fois de stratégie, mais c’est censé être normal pour les start-up qui réussissent.

Qu’est-ce qui vous incite à travailler au sein d’une start-up ?

Vildana Suljkovic : C’est agréable et très motivant, car chaque effort fourni, qu’il soit grand ou petit, est remarqué et apprécié. En effet, nous ne sommes qu’une petite entreprise, et chaque marque de soutien nous permet de progresser. Je suis ici depuis plus d’un an maintenant, et il est toujours passionnant de voir comment ReseaTech progresse et comment on contribue à cette évolution.

Patrick Weiser : L’une des principales raisons est effectivement la possibilité de participer au perfectionnement d’un produit. Je peux m’impliquer activement dans son développement, car la structure de l’entreprise n’est pas aussi rigide que celle des grandes sociétés. La proximité de la BFH est également idéale pour moi qui suis étudiant salarié.

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Simon Zumbrunnen
Cofondateur et directeur de ReseaTech GmbH