Transformer systématiquement la première idée en entreprise prospère

31.05.2021
Juni 2021
  • Focus

Les modèles-cadres sont utiles pour atteindre une compréhension commune entre les divers-e-s acteurs et actrices, intérêts et règlementations au sein d’une haute école. Avec le Start-up Lifecycle, la Haute école spécialisée bernoise BFH bénéficie désormais d’un tel modèle pour employer plus efficacement ses ressources et ses atouts.

L’objectif consiste à mettre l’esprit d’entreprise au cœur de la réflexion et de l’action dans les filières et à créer ainsi un terrain propice à la créativité, au développement personnel et aux projets innovants. En parallèle, ce modèle doit apporter une valeur ajoutée au canton de Berne et à la place économique suisse, par exemple sous la forme d’emplois supplémentaires, de nouveaux produits et de nouvelles technologies, mais également générer une plus-value globale au niveau national. Le Start-up Lifecycle contribue à la mise en place d’un système d’accompagnement efficace et continu des étudiant-e-s de niveau bachelor et master, du personnel et des start-up. Par souci de simplicité, nous utilisons les termes « entrepreneuriat » et « esprit d’entreprise » en tant que synonymes dans cet article.

Esprit d’entreprise : de la réflexion à l’action

Le Start-up Lifecycle générique débute par une familiarisation avec l’esprit d’entreprise et se termine par les défis que rencontre une entreprise en pleine croissance. Le passage d’une phase à une autre n’est pas strictement linéaire, et des activités peuvent se recouper ou se dérouler dans un ordre différent. La phase d’invention, à savoir l’élaboration d’une innovation, est actuellement exclue de notre modèle, car ces processus d’invention diffèrent fortement selon les filières et les professions. Les six phases du Lifecycle sont brièvement présentées ci-dessous (Illustration 1) :

  1. Réveiller le gène de l’entrepreneuriat : Au cours de cette phase, les participant-e-s se familiarisent avec l’esprit d’entreprise. La plupart du temps, ils s’inspirent de modèles. Des techniques et méthodes relativement simples permettent de se faire une idée claire de l’esprit d’entreprise. Les évènements dédiés à la mise en réseau avec de jeunes entrepreneur-e-s s’y prêtent également très bien. Les rencontres, généralement brèves, mais significatives pour les participant-e-s, sont déterminantes.
  2. Élaborer et valider une idée : À l’origine de toute entreprise, il y a l’idée d’un produit, d’un service ou d’une activité. Il faut l’analyser et l’évaluer, créer les premiers prototypes, puis les valider et les perfectionner avec les client-e-s potentiels du marché.
  3. Développer le concept de sa propre entreprise : Les jeunes entrepreneur-e-s conçoivent les points clés afin de développer un modèle commercial viable à partir de leurs idées. Les analyses de marché sont également utilisées pour déterminer les couts raisonnables et le chiffre d’affaires prévisionnel, de même que pour identifier les divers mécanismes du modèle économique et les coordonner.
  4. Créer une offre viable : Pour établir une offre viable, il faut préparer un plan financier solide, définir une stratégie de marché et de concurrence, et procéder à des clarifications juridiques concernant la propriété intellectuelle.
  5. Consolider la start-up en tant qu’organisation: La consolidation et la stabilisation des structures fragiles et en partie encore instables, qui sont normales (« cool ») dans la phase de démarrage de la start-up, doivent être encouragées. La crédibilité de l’organisation et la probabilité d’un financement augmentent lorsqu’une équipe équilibrée et efficace soutient l’idée commerciale validée. Cette phase se concentre également sur les premières ventes et le premier chiffre d’affaires.
  6. Laisser l’entreprise prospérer : Une fois les offres lancées avec succès sur le marché, il s’agit de se concentrer sur l’expansion de la start-up, éventuellement au niveau international, et d’optimiser les chaines de valeur ajoutée.

Le Start-up Lifecycle accompagne les étudiant-e-s, les collaboratrices, les équipes de recherche et les start-up. Il favorise les nouvelles initiatives, soutient les idées existantes ou démontre rapidement si une idée est réellement commercialisable. Concernant l’esprit d’entreprise, la transition de la réflexion à l’action doit être progressive, afin que les participant-e-s puissent se familiariser avec les réalités existantes. Ainsi, les trois premières phases sont principalement dédiées aux connaissances de base et aux méthodes. Les trois phases suivantes sont plus pratiques, car la mise en œuvre et le recueil d’expériences passent par les idées commerciales et la start-up propres.

Conception des offres

Le modèle-cadre Start-up Lifecycle est un outil qui favorise un processus de développement continu, afin d’examiner les offres existantes en termes d’esprit d’entreprise (réflexion et action), que ce soit au niveau de la BFH ou des départements, et de développer de nouvelles offres en fonction des besoins. L’illustration 2 présente les offres du département Technique et informatique, BFH-TI, version : janvier 2021.

Afin d’éveiller l’intérêt pour le thème de l’entrepreneuriat, le département BFH-TI organise régulièrement des évènements tels que les « Start-up-Lunches », qui présentent des modèles aux jeunes entrepreneurs et entrepreneuses potentiel-le-s et favorisent la mise en réseau des parties intéressées. Par exemple, lors du Start-up-Lunch du 21 janvier 2021, Julian Liniger, fondateur de l’application d’investissement Bitcoin Relai, a évoqué ses premiers pas et ses premiers obstacles sur la voie de l’entrepreneuriat.

Ces évènements sont ensuite complétés par des modules d’enseignement qui permettent aux étudiant-e-s d’acquérir des compétences méthodologiques et de développer des premières idées commerciales, ainsi que leurs propres concepts. Pendant les phases suivantes, le département les accompagne vers l’indépendance avec des offres individuelles, que ce soit en matière de propriété intellectuelle ou de communication sur le marché. De nombreuses offres existent déjà depuis des années, mais elles sont adaptées aux besoins actuels.

À leurs débuts, les spin-off de la BFH-TI peuvent utiliser les locaux de la Haute école spécialisée bernoise. Les conditions sont attrayantes pour les jeunes entreprises, mais se durcissent au fil du bail. Cette offre doit permettre de soulager financièrement les jeunes entreprises, tout en maintenant leur proximité avec la BFH. Le département apporte également son soutien en matière de propriété intellectuelle afin de trouver la meilleure solution pour les spin-off.

Grâce au Start-up Lifecycle, la Haute école spécialisée bernoise peut plus facilement classer les projets et leur avancement afin de proposer un soutien ciblé. Du côté des étudiant-e-s, du personnel et des start-up, il facilite l’identification des lacunes et le développement continu.

Dr. Stefan Grösser
Professeur en gestion stratégique et business analytics, responsable de la filière Ingénierie de gestion, BFH
Yacine Bouazdia
Expert en entrepreneuriat, BFH