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Le bien-être – grâce à la réalité virtuelle ?

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Pour tester les locaux et leur influence sur les personnes, il faut déjà que ces espaces existent… Ou peut-on éventuellement se contenter de leur présence virtuelle? Une étude de la BFH étudie les effets exercés par des environnements virtuels sur la physiologie humaine.

Les gens passent 90% de leur temps à l’intérieur des locaux. Ils perçoivent leur environnement avec leurs sens et traitent ces informations de manière inconsciente. Leur corps réagit ainsi à ces stimulations et établit un lien entre celles-ci et des expériences, des évènements et des perceptions personnelles. Souvent, on peut exprimer ce ressenti très simplement en attribuant l’environnement concerné à des catégories telles que «me plait» ou «ne me plait pas».

Des études indiquent cependant que le bois et d’autres matériaux naturels exercent aussi un effet subconscient à l’intérieur des locaux. Des scientifiques norvégiens affirment ainsi que l’utilisation de bois est favorable à la santé. La question de l’influence du cadre de vie sur l’homme n’est d’ailleurs pas nouvelle: certaines régions d’Asie ont développé depuis des millénaires une théorie fixant des règles pour l’aménagement et l’ameublement des locaux et des maisons (feng shui). Là aussi, les matériaux et couleurs naturelles jouent un rôle déterminant. Ces règles millénaires trouvent-elles une justification scientifique?

Des réalités variées grâce à la virtualisation: sur simple pression d’un bouton, on peut changer de local, créer de nouveaux mondes et tromper ainsi sa perception.

Repenser la perception
L’étude de la BFH concernant la faisabilité des mesures physiologiques en lien avec un environnement virtuel doit poser les premiers jalons de recherches futures. Elle consiste à saisir des données physiologiques telles que le pouls, la fréquence respiratoire ou la conductivité cutanée des sujets dans divers intérieurs – on parle de biosurveillance (biomonitoring). Ces données doivent être comparées au sentiment de bien-être des personnes dans un environnement. Les environnements testés ne sont toutefois pas des locaux réels, ils sont simulés à l’aide de lunettes de réalité virtuelle. Sur simple pression d’un bouton, il est dès lors possible de changer de local, de créer de nouveaux mondes et de tromper ainsi la perception. La possibilité s’offre aux équipes de recherche de tester les matériaux, les locaux et les paysages pour connaitre leur influence sur les personnes. Les lieux sombres en matériaux naturels ont par exemple un effet apaisant, comme le montre la diminution significative du rythme cardiaque constatée lors de premiers tests.

Notre corps en dit plus que nous
À l’avenir, cette approche permettra aussi d’aborder des thèmes tels que la perception de l’architecture, des espaces intérieurs et des couleurs, ou d’étudier leurs effets sur notre corps. L’ultraviolet – élue couleur de l’année 2018 par Pantone – n’est-elle qu’une mode ou le corps humain peut-il vraiment mieux se détendre grâce à elle? Un poste de travail avec beaucoup de bois a-t-il un effet positif sur la qualité des tâches effectuées? Les questions ne manquent pas et on ne fait que commencer à y répondre.