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Peut-on concilier qualité de vie et densité urbaine?

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Le développement urbain est un phénomène marquant de notre siècle. Pour que la qualité de vie et la durabilité n’en fassent pas les frais, l’urbanisme doit maitriser de nombreux défis, utiliser les ressources en pensant à long terme et mettre au point des solutions. C’est à cette dernière tâche que se consacre l’équipe de recherche Dencity de la BFH.

L’avenir appartient aux villes. Ce sont elles – et non les pays – qui marquent l’évolution de notre siècle. Elles sont les moteurs de l’économie, de la politique et de la diplomatie. Or si la mondialisation leur a permis de bénéficier de certains progrès, elle engendre aussi d’importants problèmes: la tendance à l’agglomération et à l’urbanisation fait croitre partout les villes de manière continue, ce qui conduit à leur densification et augmente les besoins en espaces fonctionnels. La Suisse, où près de 10 millions de personnes devraient vivre en 2035, n’échappe pas à cette évolution. Le territoire, la qualité de vie et les zones résidentielles attrayantes font l’objet d’une concurrence de plus en plus vive. Les défis mondiaux posés par l’urbanisation et ses conséquences sont étroitement liés à la santé, à la qualité de vie et au bien-être. Il vaut donc la peine de s’y intéresser et d’étudier les solutions possibles.

Densifier sans sacrifier
La densité est une question d’approche. En Suisse, de nos jours, les gens ne sont pas habitués à un habitat dense. On n’a plus guère tenté chez nous de développer l’intérieur du bâti depuis le Moyen Âge, lorsque les remparts de la ville en faisaient un impératif. Dans la perspective actuelle, densifier s’accompagne de la crainte de devoir renoncer à certains acquis. Pour s’en débarrasser, les habitant-e-s doivent reconnaitre que la densification apporte aussi des avantages. Les gens s’y habitueront, grâce à des solutions qui induisent une plus-value pour la qualité de vie.

Le fait de reconnaitre et d’accepter qu’il faut densifier la ville – et d’être donc disposé à se soumettre à des expérimentations – débouche sur des approches novatrices: celles-ci vont de la mégapole autarcique ou de projets gigantesques comme «Oamsterdam» (www.hofmandujardin.nl/oamsterdam) à des formes d’habitat inédites telles que les logements en grappe (coopérative Kalkbreite à Zurich: www.kalkbreite.net).

La recherche voit les défis de l’urbanisation comme un ensemble de tendances et de contre-tendances. La compréhension des champs de tension figure donc au cœur de son travail.

La qualité de vie est influencée par les structures et offres disponibles dans une ville. Bien que chaque individu aspire à une qualité de vie élevée, ses besoins personnels sont spécifiques. Les formes de vie, de travail et d’habitat doivent donc se diversifier. Une ville «saine» améliore les conditions de vie physiques et sociales, elle favorise l’épanouissement des formes d’action et de solidarité communautaires.

Il existe des approches variées en matière d’urbanisme, notamment pour répondre à la nécessité d’utiliser les ressources de manière durable. Le partage en est une. À l’avenir, on ne recherchera plus la possession de l’espace, mais sa disponibilité. Avec des possibilités d’usage diversifiées, des structures spatiales flexibles et une forte proportion de surfaces utilisées de manière communautaire. Il ne faut pas davantage d’espace, mais la possibilité de le partager, de le réaffecter ou de le transformer. C’est la raison d’être des concepts de colocation ou de bureau partagé, par exemple.

Dans les villes, l’espace public est crucial pour la qualité de vie. La densité de l’espace privé doit être compensée par des espaces publics non bâtis. En raison du phénomène d’individualisation (soutenu par la numérisation), le privé se déplace vers le public. L’interaction prend place entre les bâtiments. On gagne ainsi la possibilité de renégocier l’espace, d’aménager de nouvelles formes de vie et de redécouvrir une qualité de vie favorable à notre santé – avec plus de modestie, sans doute, mais sans renoncer à l’individualité.